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Communiqué de presse Udaf de la Drôme

Communiqué de Presse de l'Udaf26 - 30 décembre 2020

Le 14 décembre, le conseil municipal de la ville de Valence a voté une série de mesures visant à restreindre voire supprimer certaines aides sociales aux familles d’enfants ayant participé à des violences urbaines. Les mêmes familles pourraient se voir expulsées de leur logement.

Nous comprenons les préoccupations de Monsieur le Maire de Valence. La violence, quelle qu’elle soit, n’est jamais acceptable et ne peut constituer une réponse valable à une problématique.
Nous comprenons également les enjeux de maintien de l’ordre public.
Nous comprenons enfin la colère des élus, qui doivent faire face aux interrogations de leurs administrés.

Pour autant cette réponse qui cible directement des familles, ne peut laisser indifférente une institution telle que la nôtre, l’Union Départementale des Associations Familiales dont les missions sont encadrées par le Code de l’Action Sociale et des Familles article L211-3. Elle appelle de notre part un certain nombre de réflexions.

Si les parents ont évidemment un rôle central dans l’éducation de leurs enfants, il semble préjudiciable que le dysfonctionnement de l’un d’entre eux puisse jeter l’opprobre sur l’ensemble des membres de la famille, en prenant le risque de l’entrainer dans un engrenage plus négatif que vertueux.

Nous ne sommes pas plus des juges que des acteurs du maintien de l’ordre, mais nous nous interrogeons sur la réponse judiciaire données à ces affaires. Est-elle à ce point insuffisante qu’elle pousse des élus à décider de sanctions sur des familles ? Quelle en est la nature ? La réparation par l’action, par exemple lors de travaux d’intérêt général de long terme, et avec un réel suivi, est-elle proposée ? Produit-elle des effets ?

En notre qualité d’acteur des politiques de soutien à la parentalité au niveau du département, la décision du conseil municipal nous interpelle quant à l’impact négatif qu’elle pourra avoir sur l’image de ces dispositifs, les remettant implicitement en question alors qu’au contraire il nous semble qu’ils mériteraient d’être renforcés.
La ville de Valence est depuis de nombreuses années pionnière en matière de parentalité. Nous citerons le dispositif des adultes relais mais aussi le collectif familles qui réunit l’ensemble des structures du territoire et qui organise entre autres la semaine des familles. Nous participons activement à ces instances ainsi qu’au CCAS où siège un de nos représentants en tant que délégué familial.
S’agit-il de constater que ces dispositifs municipaux ne fonctionnent pas ? Nous pensons le contraire. Eu égard aux évènements préjudiciables qui se sont produits en ville, il y a sans doute plutôt lieu de les renforcer : les parents les plus en difficultés ne sont pas forcément ceux qui utilisent spontanément les dispositifs en place. L’enjeu est de les y faire venir.
Il faut poursuivre les efforts en ce sens. Les associations présentes sur les quartiers concernés, proches des habitants et de leurs préoccupations quotidiennes, ont un rôle essentiel à jouer. Elles favorisent l’émergence de pratiques citoyennes, et l’implication dans des projets collectifs. Appuyons-nous sur celles qui existent et créons ensemble celles qui semblent manquer.


Le sujet soulevé par la décision de Monsieur le Maire de Valence et le débat qui s’en est suivi sont complexes. Nous n’avons pas la prétention de pouvoir y apporter des réponses pas plus que nous n’avons la prétention d’avoir la solution au problème originel. Mais nous réaffirmons à la fois notre confiance dans les dispositifs de soutien aux parents et la vigilance dont nous ferons preuve. Il faudra collectivement être capables de prendre du recul pour analyser les impacts des décisions prises.

La Présidente de l’UDAF,
Sylvie Reverbel
Pour le Conseil d’Administration



RÉPONSE A NOTRE COMMUNIQUE DE PRESSE :

Vous pouvez consulter la réponse de Monsieur Le Maire de Valence à notre communiqué de presse.




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